Nouvelles goggles pour Lucy
Voici l'une de mes trouvailles pour Pullip (ou BJD) lors du VII Japan Weekend Madrid 2.0 : des nouvelles goggles pour ma petite Lucy!
Voici l'une de mes trouvailles pour Pullip (ou BJD) lors du VII Japan Weekend Madrid 2.0 : des nouvelles goggles pour ma petite Lucy!
Lilith détacha alors les liens qui retenaient Rowan qui, lentement, prudemment, se releva et fit un pas en arrière sans quitter les jeunes femmes des yeux, tel un petit animal acculé. Voyant qu’aucune ne bougeait dans sa direction, elle prit ses jambes à son cou et s’enfuit par la fenêtre grande ouverte, avec une agilité surnaturelle.
Arrivée à la limite de la propriété, elle se retourna une dernière fois. Lucy, Lilith, Yuuki et Cherry la regardaient toujours depuis la fenêtre. Il n’y avait plus aucune animosité dans leur regard. A vrai dire, elles semblaient même inquiètes de la laisser partir ainsi toute seule. Alors, tout naturellement, Rowan leur sourit malicieusement et leur fit un geste de la main avant de disparaitre dans les buissons. Elle reviendra, il n’y pas de doute!
FIN.
Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de ma petite fée de la couture : Maman!
Encore une fois, je te souhaite un joyeux anniversaire et t'envoie de gros bisous!
A cette occasion, j'ai donc fait une petite séance photo avec une jolie voiture, une sorte de Cadillac rétro qu'on a trouvé toutes les deux lors d'un vide-grenier.
Voici donc ma Cadillac, qui en fait est une voiture Bratz.
Pour changer, j'ai essayé de monter une photo story au format bande-dessinée grâce au logiciel Photoscape. Ce fut long et très fastidieux mais j'étais contente du résultat... du moins jusqu'à que je poste mes photo sur le blog. Les textes sont finalement beaucoup trop petits. Pour ce qui auront tout de même le courage de les lire, je leur conseille donc de cliquer sur les images pour les agrandir et profiter ainsi d'une lecture plus confortable. Merci!
FIN.
Voici une autre tenue "Made by Maman", largement inspirée de l'outfit du Taeyang Gackt Mizerable.
Elle a donc confectionné la redingote ainsi que le gilet et j'ai fait le tricorne. Le chemisier à jabot avait été fait pour Elize et sa tenue de cavalière.
Quand Lilith finit sont récit, je ne sus quoi dire, j’étais abasourdie. Même pour moi, cela faisait beaucoup trop d’informations en une seule fois.
Ma famille descendait non seulement d’un démon mais aussi d’un des druides les plus illustres, une légende prenait ainsi vie dans la réalité. Mon oncle était-il au courant? Mes parents savaient-ils pourquoi Bélial les a-t-il pourchassés? Finalement, toute cette histoire n’était que le résultat tragique d’une énième guerre entre anges et démons. Et tout ça pourquoi? Une épée... Sommes-nous si peu de choses pour ces êtres tout puissants, ces demi-dieux? Myrddin avait perdu sa liberté pour ce bout de métal et moi, ma famille…
J’eus besoin d’un moment pour encaisser tout ça… Lilith le comprit et resta près de moi en silence. Enfin, je revins un peu à moi, en bougeant un peu la main sur l’arbre sur lequel on était toujours appuyées, je sentis la main de Lilith. Machinalement, je la saisis et la serrai fort. Je la sentis se refermer sur moi. Je sentis les larmes me monter aux yeux, je ne pouvais le contrôler. Elles ruisselèrent sur mes joues. Néanmoins, je pus enfin lui parler, mais point la regarder.
« Tu m’as sauvé la vie…
- Mais je n’ai pu sauver la leur, ni celle de tes parents, ni celle de Myrddin, ni même celle d’Arthur… »
Je me redressai alors, tenant toujours sa main dans la mienne et la regardai dans les yeux. Elle aussi avait des difficultés à retenir ses larmes.
Quoiqu’il en soit, j’avais mes réponses, qu’elles me plaisent ou non, je savais ce que je voulais savoir. Je savais aussi que sans Lilith, je ne serais pas là pour en parler. Elle a protégé l’enfant de Myrddin comme elle a protégé l’enfant que j’étais. Je n’avais plus aucun doute quant à l’amitié qui nous liait. L’émotion dans son regard suffisait à me rassurer sur sa sincérité. Concernant mes parents, j’avais fait mon deuil il y a déjà bien longtemps, je ne souhaitais qu’une chose, la vérité. Je ne ressentais aucune haine, ni plus aucune douleur. Je me sentais chanceuse d’être en vie, d’être humaine malgré le fardeau que porte notre famille en son sang. La vérité m’avait libérée et j’étais consciente du poids que cela avait été pour elle, elle qui avait toujours cherché à me protéger…
Alors, naturellement, je la pris dans mes bras et lui murmurai à l’oreille un sincère « merci ». Oui, merci d’avoir été là pour nous, merci d’avoir fait tout ce que tu pouvais, merci d’être aujourd’hui mon amie. Ainsi enlacées, nous nous laissâmes aller et nos larmes coulèrent à flot, des larmes libératrices qui étaient comme autant de souffrances qui s’en allaient.
Soudain, je ressentis quelque chose d’étrange. Je me sentais pourtant bien, comme je ne l’avais été depuis longtemps. Je sentais une douce chaleur envelopper mon corps, je me sentais partir comme quand on se sent sombrer dans un rêve, quand on a l’impression de chuter.
J’avançais, Lilith sur mes talons. Je n’étais plus maitre de mes pas, ni de mon corps tout entier mais pourtant consciente de toute chose.
Dans cette transe soudaine, j’entendais au loin la voix de Lilith sans comprendre ce qu’elle disait. Une autre voix, en moi cette fois, se fit entendre. C’était incompréhensible, c’était une sorte de chant qui s’intensifier au fur et à mesure que j’avançais. J’ignorais la signification de tout ceci mais je ne ressentais aucune peur, comme si ce qui se passait devait se passer. Appelez-le « destin », « chemin de vie » ou comme vous voulez mais je sais que je devais subir cet état, suivre ce chemin. Enfin nous arrivâmes jusqu’aux abords du lac, dans un des coins les plus sauvages, aucun sentier ne nous avait mené jusque-là. Les eaux semblaient sombres et froides à cet endroit. Je continuais pourtant d’avancer. Je sentais l’eau fraîche monter déjà jusqu’à mes anches et pourtant je n’avais pas froid. Je m’arrêtai alors, Lilith était restée sur la berge, elle avait déjà vécu cela, je le compris, je commençais à comprendre. Je fis alors un pas de plus, tout aussi incontrôlable que ceux qui m’avaient menée jusque-là, et je sombrai dans les profondeurs obscures du lac. Pourtant privée d’oxygène, je ne sentais pas de suffocation, la vague de chaleur, douce et apaisante semblait me protéger. Il faisait sombre, je coulais doucement, jusqu’à atteindre le fond. Le chant dans ma tête était plus fort et plus mélodieux que jamais. Elle m’appelait, comme Elle l’avait fait des siècles plus tôt avec Myrddin. L’Épée était là, lumineuse, étincelante, lumière éclatante et pure dans les profondeurs obscures. L’Épée des Rois.
Je la saisis alors, le chant s’intensifia, la voix de l’Épée. Elle m’attira littéralement vers le haut, vers la surface. Je sentis alors l’air pénétrer à nouveau mes poumons, le chant cessa, j’étais redevenue moi-même. Je nageais alors jusqu’à la berge où se trouvait Lilith qui s’élança dans l’eau à ma rencontre et m’aida à sortir. Je tenais toujours l’Épée, la douce chaleur protectrice venait d’elle, je le sentais. Myrddin et Arthur l’avaient-ils sentie aussi? Je la regardais sous toutes les coutures. Que s’était-il passait exactement? Je l’ignore mais l’Épée était là, dans mes mains. Je ne pouvais arrêter de la contempler.
Enfin, Lilith me fit revenir à la réalité. Elle était visiblement inquiète. J’eus toutes les peines du monde à la rassurer et je ne suis pas sûre d’y être réellement parvenue mais il était temps de rentrer à Edinburgh afin de rassurer tout le monde. De plus, j’étais très impatience de montrer l’Épée à Serah. A ce moment-là, plus que jamais, j’étais persuadé que l’Épée qui constituait une partie du symbole des Reliques et celle-ci était une seule et même arme. Je sentais au plus profond de moi-même, comme un message gravé dans mon esprit, dans ma chair et dans mon sang que l’Épée de Rois devait être remise à la princesse citée dans la prophétie. Elle était destinée à servir cet être exceptionnel capable de faire renaitre ce royaume aujourd’hui disparu.
Peut-être était-ce dans ce but que Myrddin confia l’Épée à Arthur à l’époque, voyant en lui un tel monarque. Il n'avait probablement pas eu les vers prophétiques en sa possession, peut-être n’a-t-il même pas imaginé que l’Épée devait revenir à une femme… De plus, qui sait où se trouvait Serah à cette époque-là, quel nom portait-elle? Cherchait-elle déjà les Reliques? Allez savoir.
Quoiqu’il en soit, aujourd’hui elle a eu l’Épée entre ses mains. Pourquoi je formule cela au passé? Tout simplement parce que l’Épée des Rois est actuellement dans les miennes.
Quand nous sommes rentrés à l’appartement, Serah discutait avec Yuuki dans le salon, Luna, son chat, sur les genoux. Dès que Lilith et moi eûmes franchi la porte d’entrée, Luna s’élança à notre rencontre. Elle regardait l’Épée à ma main, l’œil brillant, presque avide. Serah vient à sa suite et elles s’échangèrent un regard comme elles en ont l’habitude, leur façon de communiquer probablement.
Lunamiel vint ensuite, inquiète, nous questionnant sur ce qu’il s’était passé mais elle s’interrompit quand elle vit l’ l’Épée et l’intérêt de Serah. Je lui tendis alors respectueusement l’Épée, Luna avait sauté dans ses bras pour être aux premières loges.
« Nous l’avons trouvé dans un lac, au sud. Elle a... déjà un lourd passé... »
Yuuki, Demian, et Cherry apparurent à leur tour. Yuuki s’avança avec hésitation pour être à la hauteur de Serah qui n’osait faire un mouvement.
« Cette épée… j’entends son chant… Elle vient du fin fond des temps, je le sens, elle a tant à raconter… » Affirma-t-elle.
Serah lui sourit. Elle avait les larmes aux yeux.
« Oui, je l’entends aussi. Je sens mon cœur vibrer à l’unisson avec elle. Son chant vient bien de chez nous! »
Elle posa alors sa main tremblante sur la lame fraîche qui se mit à étinceler comme elle l’avait faite au fond du lac. Serah ferma les yeux, ressentant le pouvoir de la Relique qu’elle avait tant cherchée. Dans l’appartement, tous observaient la scène en silence. Quand Serah ouvrit les yeux à nouveau, ses larmes coulaient sur ses joues. Elle posa alors son regard sur moi, fixement, un regard empreint de gratitude.
« Merci, parvint-elle à articuler. Merci infiniment. » Elle souriait. « C’est bien une des trois Reliques d’Avalon, cela ne fait aucun doute. Je sens son pouvoir lié au Cristal Sacré.
- Elle te revient de droit, elle t’… » Commençai-je alors mais Serah m’interrompit en secouant la tête et en souriant. Elle prit l’Épée telle que je la tenais et me la tendit à son tour. Luna avait sauté sur le meuble le plus proche et observait la scène attentivement.
« Les trois Reliques doivent être réunies en temps et en heures, commença Serah, mais pour l’instant, c’est toi que celle-ci a choisie. Cette épée représente la force et la détermination des Hommes et il te revient l’honneur de la conserver jusqu’à qu’on trouve les deux autres. Tu en es donc la gardienne désormais, prends en grand soin car je sens un puissant lien qui vous unis. »
Lilith s’interposa alors, une profonde inquiétude se lisait sur son visage :
« Serah, tu n’y pense pas! J’ai vu anges et démons se battre pour cette arme et s’octroyer ses propriétés, si Lucy la conserve elle sera en grand danger! » Elle me jeta un regard des plus inquiets et baissa la tête puis continua, plus doucement :
« Elle a bien assez souffert à cause d’elle… »
Je fus très touchée par l’inquiétude de mon amie mais ma décision était prise et elle devait l’accepter. J’étais unie au destin de l’Épée et elle au mien, que je le veuille ou non. J’avais décidé de l’assumer fièrement.
Ils s’approchèrent alors tous pour la rassurer, Demian en tête, et lui assurèrent que je ne serai pas seule, qu’ils seraient tous là en cas de problème. Tous jurèrent de garder le secret, un de plus, sur la découverte de l’Épée des Rois, capable d’éradiquer le Mal en personne, et de la protéger. Même Cherry qui pourtant parait toujours hermétique à tout, promit. D’ailleurs, concernant cette dernière, après cette journée son attitude à mon égard changea sensiblement. Peut-être voyait-elle enfin en moi quelque chose qu’elle trouvait intéressant, moins ennuyeux…
Oui, beaucoup de choses ont changé... Il va sans dire que mes cauchemars ont enfin cessé, je passe enfin des nuits paisibles. Ma relation avec Lilith est enfin redevenue ce qu’elle était à ses débuts, nous sommes peut-être même encore plus proches désormais, au grand damne de Cherry. Nous nous sommes aussi rapprochées avec Serah, elle s’est un peu plus livrée à moi, sur ses origines, ses buts. Cette femme est une vraie mine d’informations, elle semble avoir connu toutes les civilisations et je pourrais passer des heures à la questionner!
Ce séjour a radicalement changé ma vie, ma perception même de ma propre existence. Je reste peut-être la seule petite humaine du groupe mais tout le reste est différent. Je suis arrivée prisonnière de mes questionnements et de mes doutes, enchainée à mes cauchemars et je repars libérée, sûre de moi et de l’avenir, assumant pleinement mon destin et mon héritage, l’Héritage du Démon.
FIN.
De retour à l’appartement, chacun avait vaqué à ses occupations. Shopping, visites ou excursions, ce ne sont pas les activités qui manquaient dans le coin. Je m’assis donc seule dans un coin de ma chambre à réfléchir au peu que j’avais appris, rassemblant mes idées. Je lisais et relisais le rapport, essayant d’y trouver un sens logique, tant et si bien que je m’endormis. Bizarrement, je ne me souviens pas des rêves que j’ai faits cette fois-là.
Je me suis réveillé en fin d’après-midi, Arwen, Lilith et Demian étaient rentrés. Ils avaient couru les librairies visiblement. Je les entendais discuter de leurs dernières trouvailles littéraires. Il était temps pour moi d’agir et d’éclaircir les choses avec Lilith. Je rangeai de nouveau le rapport dans ma sacoche et je pris une douche pour me rafraichir les idées et me donner du courage.
Quand je les rejoignis dans le salon, Lunamiel et Serah étaient aussi rentrées de la bibliothèque où elles avaient effectué des recherches concernant les Reliques sans aucun résultat. Lilith était à part, sur le sofa, déjà plongée dans ses nouvelles lectures. Je pus lire avec amusement la couverture « The Complete Sherlock Holmes ». Quand vous êtes une enfant britannique, ce célèbre détective berce littéralement votre scolarité dès que vous êtes en âge de le comprendre! Quand elle me vit entrer dans la pièce, elle abaissa le livre et me sourit. Il est vrai que j’avais, encore une fois, été plutôt distante avec elle ces temps-ci. Je m’avançai vers elle :
« Je te conseille grandement « The hound of the Baskervilles », c’est vraiment un classique et cette enquête est passionnante! »
Elle feuilleta la table des matières, ladite histoire était à la moitié du volume, et fit une grimace.
« Je pense que je vais plutôt le lire dans le sens de lecture. Je ne connais rien de cette histoire mais la libraire me l’a conseillée. » Elle posa les yeux sur l’ouvrage et continua : « Je crois qu’elle a dû se demander d’où j’atterrissais d’ailleurs, quand je lui ai dit que je n’avais jamais entendu parler de Sherlock Holmes! »
Devant sa moue, je ne pus réprimer un éclat de rire. J’imaginais la tête de la libraire, elle a vraiment dû se demander si Lilith se moquait d’elle. Cet éclat de rire fut spontané et naturel. Il relâcha un peu la gêne qu’il y avait entre nous. Je saisis alors ma chance et l’invitai à boire un verre au pub. J’avais besoin de lui parler seule à seule. Elle accepta volontiers, elle semblait vraiment contente et je ne pus m’empêcher de me sentir un peu coupable. La conversation ne sera certainement pas des plus conviviales… Je ne me vois pas lui demander de but en blanc : « Dis-moi Lilith as-tu quoi que ce soit à voir avec le meurtre de mes parents? Tu prendras une pint ou juste une tasse de thé? » Pour être honnête, encore à ce moment-là, je ne savais vraiment pas comment lui présenter l’affaire, les rêves qui me hantent depuis des mois, le rapport… J’espérais sincèrement qu’une bonne pint m’aiderait!
Nous sommes alors allées au « Dog and Gun », un pub pour habitués dans une petite ruelle, loin de l’affluence touristique. Mon oncle et moi-même déjeunions à cet endroit quand nous venions en ville. Nous nous sommes assises à une table, dans un coin, près de la cheminée et nous avons commandé. Lilith prit une simple tasse de thé comme à son habitude et moi, et bien, comme à la mienne…
Le moment était venu. Nous avons commençé à parler de tout et de rien, du pub, de la ville,… Et puis elle me questionna sur ma visite au manoir, si mes recherches avaient porté leurs fruits. Nous y étions. Je lui avouai alors que mes recherches ne portaient pas seulement sur les Reliques de Serah et commençai à lui parler de mes rêves. Elle m’écouta attentivement. Son regard intense et flamboyant derrière ses lunettes me mit mal à l’aise et je détournais le regard me concentrant sur les gouttes d’eau le long de mon verre. Il était hors de question que je m’arrête en si bon chemin. Je lui parlais de tout, l’obscurité, le choc, les cris, le silence et enfin les lueurs, les yeux de démons.
Quand j’eus fini, je relevai la tête, et la dévisageai, cherchant la moindre réaction. Elle était impassible. D’une voix douce et lente, elle me demanda depuis quand ses rêves me hantaient. Je lui répondis alors que la première fois fut la nuit suivant l’apparition de Demian. Elle baissa la tête à son tour, fixant sa tasse, le regard dans le vide. Elle semblait perdue dans ses souvenirs.
Enfin, toujours le regard vers sa tasse, elle prit la parole :
« Tu es donc retournée chez ton oncle en quête de réponses à propos de l’accident de tes parents?
- Du « meurtre » de mes parents… » La corrigeai-je alors.
Elle releva alors la tête visiblement surprise. J’essayais de me garder une contenance et de soutenir son regard. Le silence était lourd et parut durer une éternité. Il n’était plus temps de reculer.
Finalement, je décidais de jouer toutes mes cartes et je sortis le rapport de mon oncle. Je le glissai sur la table en sa direction.
« J’ai trouvé ceci dans un des ouvrages de mon oncle. C’est le rapport de l’accident. »
Elle le prit doucement et le déplia. Elle le lut avec attention, sans un mot, sans un son. Mon cœur battait la chamade, j’avais pourtant l’impression que le temps s’était arrêté. De nombreuses questions se bousculaient dans ma tête. Pourquoi est-elle si calme? Pourquoi ne semble-t-elle surprise de rien? Ou même en colère de voir que je l’accuse presque? Elle ne montrait aucune émotion alors que les miennes amenaient mon cœur au bord de l’implosion.
Quand elle eut fini sa lecture, elle replia le rapport et le fit glisser vers moi. Après une courte inspiration, seule trace d’une quelconque émotion, elle rompit le silence :
« Cela n’aurait jamais dû se passer ainsi. Tu dois me croire… » J’attendais la suite sans un mot. Elle reprit :
« Ton arrivée, il y a deux ans, dans notre monde n’était en rien prémédité. Rien de ce qui a suivi n’était prémédité… Tu dois me croire! » Ses derniers mots furent plus intenses mais je ne les entendis points. J’avais le souffle coupé. Je ne savais que penser. Je l’accusais presque d’être impliquer dans le meurtre de mes parents et c’est tout ce qu’elle trouvait à me dire? Que notre rencontre n’était pas « prémédité »? Etait-ce tout ce qui importait?
Avec le recul, je pense que oui, c’était en effet le plus important car ça prouvait d’un côté que notre amitié n’était pas feinte mais sur le coup, je ne compris pas et entrais dans une colère noire. Pour moi, elle admettait indirectement être impliquée d’une façon ou d’une autre dans le décès de mes parents, elle avouait me l’avoir cachée pendant tout ce temps.
Tremblante de rage, je parvins tout de même à articuler :
« Y-a-t-il un lien avec Bélial? »
Elle se redressa, surprise :
« Où as-tu entendu ce nom?
- Peu importe d’où il vient, je sais qu’il est aussi impliqué, je le sens! Vas-tu enfin me dire la vérité? » Je n’arrivais plus à me contenir. Je haussais la voix sans même m’en rendre compte.
Le barman, au comptoir, leva la tête, nous jetant un regard sévère. Lilith baissa la tête sans dire un mot. Son énième silence fut trop dur à supporter.
Je pris le rapport et le rangea rageusement. Je me levai alors en saisissant mon verre et en le finissant d’une traite. J’étais hors de moi. Je lui jetai un dernier regard :
« Si tu ne veux pas m’aider peut-être que ce Bélial le fera lui! Ce ne sont pas les démons qui manquent ici-bas! »
Je quittai alors le bar sans me retourner, je l’entendis se lever et me suivre en m’appelant. Je savais qu’il était quasi impossible pour moi de la semer en temps normal mais nous étions à Edinburgh, mon territoire en quelque sorte. Je parvins à la semer sur le Royal Mile (High Street), noir de monde à cette heure. Une fois sûre de l’avoir perdue, je me dirigeai vers le parking où j’avais laissé la voiture de location. Je ne savais pas où aller mais j’étais sûre de ne vouloir voir personne. Je démarrai alors le véhicule et quittai Edinburgh.
J’ai roulé quelques heures, jusqu’à que la fatigue accumulée me rattrape. Je décidai donc de m’arrêter sur une aire au milieu de nulle part. Je n’avais plus aucun repère, je savais que je m’étais dirigée vers le Sud-Ouest, peut-être étais-je arrivée en Angleterre. Quoiqu’il y en soit, je m’arrêtais et, entourée par le calme et l’obscurité, je ne tardai pas à m’endormir.
Quand je m’éveillai le lendemain, le soleil était déjà haut. La pendule de la voiture affichait 11h30. Je pus enfin voir où je me trouvais exactement. J’étais entourée de végétation, d’arbres et de fougères. Tout près, j’entendais le bruit de ce qui devait être un ruisseau. J’avais un peu d’eau dans la voiture pour m’hydrater mais pas assez pour me rafraichir et bien commencer la journée, une très longue journée...
Je parti donc en quête du ruisseau, suivant le bruit. Je le trouvais enfin et pus me rafraichir sereinement. L’eau était claire et fraiche. Je relevais la tête, cette fois pleinement réveillée, et je pus contempler la nature environnante. Je n’étais définitivement plus en Écosse. J’avais dû atteindre le Cumbria et plus particulièrement le Lake District, Parc National, que dis-je, fierté nationale à la végétation luxuriante. Je fis alors quelque pas, j’avais bien besoin de me changer les idées et je n’avais eu que rarement l’occasion de profiter de la région.
Enfin, en suivant un sentier pour les randonneurs, je parvins au lac, presque tous les sentiers mènent à un lac par ici. Je me posai alors, négligemment appuyée contre un arbre moussu qui, malgré l’humidité, était ma foi des plus confortables.
Cela faisait plusieurs minutes, ou peut-être plus heures que j’étais là, face au lac, seule avec mes pensées si sombres quand je sentis une présence et entendis dans un murmure : « Lucy …». Je tournai alors la tête et la vis. Elle m’avait retrouvée. Lilith était là, près de moi. Elle me regardait d’un air inquiet. Comment m’a-t-elle retrouvé aussi vite, j’avoue que je l’ignore encore, peut-être a-t-elle été aidée, quoiqu’il en soit, elle était là et je l’espérais disposer à parler…
Cette fois, ce fut elle qui brisa le silence :
« C’est une très longue histoire, dit-elle dans un soupir…
- Est-ce que ça a un rapport avec ce démon nommé Bélial?
- En effet, répondit-elle doucement…
- Et Myrddin? » Risquai-je à demander.
Elle sembla plus surprise que jamais que je mentionne ce nom. Elle s’appuya à son tour contre l’arbre, elle semblait complètement écrasée par le poids de cette histoire, le regard dans le vague, perdue dans ses souvenirs, elle avait l’air plus fatiguée que jamais…
« Alors tout cela est vrai, demandais-je à nouveau? Tout ce que dit ce livre est vrai? »
A ces mots, je lui tendis le livre que j’avais trouvé chez mon oncle, « l’Héritage du Démon ».
Lilith le pris doucement, la main légèrement tremblante. Cela faisait longtemps que je ne l’avais vuee si troublée... A vrai dire, la seule fois où je l’avais vu ainsi était à l’arrivée de Demian… Elle feuilleta l’ouvrage comme moi l’avant-veille. Enfin, elle le referma et se ressaisit. Elle me répondit enfin :
« Ce manuscrit semble retracer parfaitement l’histoire… du point de vue humain, en tout cas…
- Et du point de vue démon, qu’est-ce que ça donne? » Questionnai-je à nouveau.
Elle prit une profonde inspiration, leva les yeux vers moi et répondit :
« Disons que d’un point de démon, je ne sais pas vraiment quoi te dire mais il est peut-être temps que tu connaisses au moins le mien.
- Tu as connu Myrddin? »
Je n’aurais jamais pensé que je poserais cette question un jour avec tant de sérieux. « Connaissait-elle vraiment Merlin l’enchanteur? » Même encore aujourd’hui, cela me semble ridicule… Néanmoins, la réponse qu’elle me fit à ce moment-là fut encore plus surprenante… Dans une profonde expiration, comme si elle lâchait un poids trop longtemps porté elle m’affirma :
« Myrddin fut mon mentor. »
Synthèse du récit de Lilith et du livre :
Voilà. C’est terminé. Ma quête de vérité a touché son but. Rien ne sera plus jamais comme avant. Qui aurait pu deviner que ça finirait ainsi? Certainement pas moi, je l’assure. Comment aurais-je pu même l’imaginer? Tout ce que je connaissais, ou semblait connaitre, s’est définitivement envolé…
Ma vie a changé à tout jamais.
Après avoir longtemps hésité, et voyant que je n’arriverais pas à lui poser la question de but en blanc, j’ai cherché un autre moyen d’avoir la réponse que je cherchais… J’ai donc décidé de retourner dans le manoir de mon oncle pour y effectuer des recherches.
Quand je l’ai annoncé aux autres, j’ai prétexté vouloir faire des recherches sur les Reliques d'Avalon. Ce n’était pas tout à fait faux, si elles existaient vraiment, il était fort probable qu’il y ait quelque chose à ce sujet dans le bureau de mon oncle ou dans son immense bibliothèque.
C’est alors que Yuuki lança l’idée de m’accompagner, elle n’avait jamais été en Écosse. Elle fut tout de suite soutenue par Cherry et elles convainquirent le reste de l’ « équipe ». Même Elize me supplia de la laisser venir. Je doute que ce fut du goût de Cherry mais j’imagine que tout le monde a droit à des vacances, non? On réserva alors un grand appartement à Edinburgh ce qui était parfait finalement. C’était assez près de l’île de Seil et il y avait de quoi occuper tout le monde pendant mes recherches.
Le lendemain de notre arrivée, alors que tous prévoyaient leurs différentes activités, je louais une voiture et me dirigeais vers l’île de mon enfance. Lilith, Lunamiel, Arwen et même Serah m’ont proposée leur aide mais j’ai décliné l’invitation affirmant être la seule à trouver quoi que ce soit dans l’organisation du bureau et sous-entendant que j’avais besoin de me ressourcer un peu, ce qui n’était pas tout à fait faux non plus…
Je parti donc seule le matin de bonne heure et me dirigeais vers l’ouest. Vers midi, j’étais aux portes du domaine.
Il était tel que je l’avais laissé. James, le gardien, et sa femme Amelia continuait d’en prendre soin, comme ils le faisaient du temps où nous y vivions encore. Rien n’avait changé, excepté le silence. Du temps de mon oncle, il y avait toujours du bruit, de la musique, il affirmait être incapable de réfléchir sans musique… Une profonde nostalgie m’envahit quand je franchis les portes du domaine. Je ne pensais pas qu’il me manquait autant.
Dans un premier temps, je suis donc allée saluer James et Amelia afin de les avertir de ma présence. Ils furent bien sûr très surpris mais m’accueillirent à bras ouverts. Je dois avouer que j’étais très heureuse de les retrouver. Je les ai toujours connus, je ne saurais dire depuis quand ils occupent l’annexe du manoir. Pour moi, après mon oncle, ils sont ce qui se rapprochent le plus d’une famille. Amelia m’offrit le thé et ils me posèrent milles questions. Ils parlèrent aussi du domaine, des environs, de la vie sur l’île,...
Enfin, James me proposa de l’accompagner dans le jardin. Il avait toujours été un jardinier hors pair et très fier de son travail. Il fut très heureux quand j’acceptai de le suivre dans le jardin afin d’admirer l’allée des hortensias dont il prenait tant soin. Ils m’ont semblé particulièrement beaux cette année. Je me souviens comme j’ai pu jouer dans ces allées aux multiples couleurs!
J’aurais pu rester des heures durant à écouter James me parler des fleurs, des arbres, de la pluie toujours trop abondante, du manque de soleil,… Toujours les mêmes conversations… Je me retrouvais des années en arrière, de si belles années… Hélas, je n’étais pas là pour parler de jardinage et je dû écourter la promenade. Il me fallait visiter le bureau de mon oncle. Je devais trouver quelque chose, n’importe quoi en rapport avec l’accident de mes parents.
Amelia m’ouvrit donc le bureau, fermé à clé depuis presque trois ans maintenant. Elle m’affirma n’avoir touché à rien, m’offrit une dernière tasse de thé et me laissa seule avec mes souvenirs. Mon oncle Ailbeart et moi avions passé tant de temps dans ce bureau. Je connaissais la place de chaque chose, le titre de chaque ouvrage… Là non plus, rien n’avait changé. J’entrepris donc mes recherches. Des heures durant, je décortiquais les dossiers, feuilletais les livres,… Rien. La nuit était tombée, j’entendais Amelia passer régulièrement dans le couloir. Elle n’ouvrait la porte que pour me proposer une autre tasse de thé ou de quoi l’accompagner. Je commençais à désespérer.
Néanmoins, finalement, alors que mon regard balayait les longues rangées de livres couvrant les murs, il s’arrêta sur un en particulier, dont le titre sur la tranche attira mon attention. Il était intitulé « L’Héritage du Démon ». Je le saisis et commençai à feuilleter les premières pages. Ce livre avait visiblement était écrit par l’un de nos ancêtres à la fin du 19ème siècle. Nous avions toujours été une famille d’érudits…
Je n’avais jamais ouvert ce livre jusqu’à ce jour, et mon oncle ne m’en avait jamais parlée, je ne savais donc pas ce dont il parlait. Il faut aussi dire que jusqu’à présent je n’avais vraiment aucun intérêt pour le monde démoniaque… Évidemment, aujourd’hui tout est différent et cet ouvrage reçut tout mon intérêt.
Il y était question d’un demi-démon, Myrddin, à l’illustre destin. En effet, malgré son ascendance démoniaque, il choisit de protéger les Hommes et d’accomplir le Bien, une histoire connue de tous. Ce n’était finalement qu’un roman, rien de plus, une énième version de la légende. Qui n’a jamais entendu parler de Merlin l’enchanteur? Le nom change mais l’histoire reste plus ou moins la même,… Néanmoins, je m’attardais sur ce livre. Un nom avait retenu mon attention, celui du démon qui avait engendré Myrddin… « Bélial ». Je connaissais ce nom, je le savais et pas seulement parce que je l’avais lu… Ce nom me renvoyait dans le passé, me renvoyait à cette nuit-là… Il y avait un lien, j’en étais sûre… Je continuais donc ma lecture jusqu’à la découverte de la fameuse épée, connue aujourd’hui sous le nom d’Excalibur mais dans le livre mentionnée comme l’Épée des Rois… A la lecture de cette appellation mon esprit vibra… « L’Épée des Rois »… Une épée couronnée aux pouvoirs reconnus… tout comme celle sur le symbole des Reliques d’Avalon. Se pouvait-il qu’il s’agisse de la même arme? Cela ne pouvait être une coïncidence. Je laissai là mes réflexions pour continuer ma lecture jusqu’à l’issue tragique de l’histoire. Je n’avais finalement rien appris de solide sur l’accident de mes parents. Alors que je refermai le livre, une feuille de papier pliée glissa. Quoique jaunie et visiblement souvent manipulée, elle était de toute évidence beaucoup plus récente que l’ouvrage. Il s’agissait d’un rapport, non, du rapport de l’accident de mes parents. Un rapport que je n’avais jamais vu, plus complet que celui que m’avait montré mon oncle des années auparavant. Un rapport qui ne laissait plus de place au doute.
« Portière droite avant arrachée », « aucune trace d’impact »,… Mon père avait été extrait de la voiture par la portière et violemment projeté contre la paroi rocheuse. Tué sur le coup. Ma mère était visiblement sortie seule de la voiture mais avait eu la nuque brisée. Tous les deux portaient sur eux des marques laissant clairement comprendre qu’ils avaient été tués à main nue, visiblement une seule avait suffi. Hors, il est inenvisageable qu’un simple humain ait pu agripper un homme adulte de bonne constitution et l’envoyé frapper la paroi plusieurs mètres plus loin d’une seule main. Pour moi, à ce moment-là, il était évident qu’il s’agissait de l’œuvre d’un démon. De plus, je doute que le rapport se soit trouvé là par hasard, mon oncle a dû arriver à cette conclusion il y a déjà bien longtemps. Tout était lié. Ce doit d’ailleurs être la raison pour laquelle il m’avait montrée un faux…
Je rangeai le rapport et le livre dans ma sacoche. C’était le petit matin, j’avais lu toute la nuit. Je quittai donc le manoir, non sans avoir vu James et Amelia une dernière fois et leur avoir promis de mettre moins de temps à revenir la prochaine fois.
Je laissai à nouveau ce domaine, « ma famille », avec la certitude cette fois que j’aurai toujours un « chez moi » et que je reviendrai. Après avoir embrassé chaleureusement le gardien et sa femme, je m’en retournai, j’avais des choses à régler.
(... ou le prologue aux vacances de mes p'tits pensionnaires!)
Déjà deux ans… Deux ans que j’ai quitté le domaine de mon oncle, aujourd’hui pourtant le mien, deux ans que j’ai atterri ici… Tant de choses se sont passées depuis, tant de choses ont changé… moi la première.
Je me souviens, lorsque j’étais enfant, je demandais sans arrêt à mon oncle d’aller de-ci de-là, notre domaine, notre île, étant toujours trop petits pour moi… Je voulais voir le Monde. Non, mieux, je voulais découvrir le Monde, aller où personne d’autre n’était allé. Je rêvais de pays fabuleux et inexplorés!
Et aujourd’hui, qu’en est-il? Et bien j’ai l’impression d’être face à la porte qui ouvre ces mondes, et je me demande si je souhaite finalement vraiment la franchir… Que m’est-il arrivée? Autrefois, je n’aurais jamais hésité… Mais là, si j’avance, je ne pourrais plus jamais reculer… Ma vie changera à jamais, je le sais, je le sens. La vérité est devant moi, à ma portée… et pourtant j’hésite. Je crois que j’ai peur.
Oh mon cher oncle Ailbeart, que j’aimerais que tu sois là… Tu ne m’as jamais dit comment agir quand notre quête de vérité doit nous coûter tout ce qui compte… Elle aura été ma première amie…
Tout a commencé à l’arrivée de Demian, je me doutais que mes hôtesses, Lunamiel, Yuuki et Lilith, étaient « différentes » mais ce n’était jusque-là qu’une vague intuition. Son arrivée les obligea à se révéler, surtout Lilith…
Je ne l’avais jamais vue ainsi, elle d’habitude si calme, si sage,… Quand elle posa ses lunettes et saisit son épée, elle n’était plus la même. Plus sûre, plus confiante, plus implacable, elle semblait prête à tout. Si Demian avait bel et bien été un ennemi, je n’ose imaginer jusqu’où elle serait allée… Heureusement, ce ne fut pas le cas mais je crois que je fus plus ébranlée que ce que je voulais bien leur montrer par cette « révélation ». Les anges, les démons,… je m’attendais à beaucoup de choses, mais pas à ça. Néanmoins, sous l’impulsion de Lunamiel, elles furent toutes compréhensives à mon égard, bien sûr à partir du moment où j’acceptais de préserver leur secret. Demian resta avec nous et la vie reprit son cours… du moins en apparence.
C’est à cette époque que les cauchemars ont commencé.
L’obscurité, la vitesse, un freinage brusque,… je suis à l’arrière d’un véhicule. Les portières s’ouvrent et j’entends des cris horribles, ça dure encore et encore… Et puis, tout d’un coup plus rien, le silence. Le temps semble s’être arrêté… La portière de mon côté s’ouvre alors et des lueurs rouges flamboyantes se pose sur moi pour disparaitre dans les ténèbres.
D’abord, flous et saccadés, ces rêves sont très vite devenus plus nets et plus surtout réels.
La première fois, je me suis réveillée en sueur, paniquée, terrifiée, la respiration haletante. Très vite, j’ai pensé au souvenir de l’accident de mes parents, celui qui fit de moi une orpheline mais je n’arrivais pas à en comprendre le sens. J’avais lu les rapports de l’accident que détenait mon oncle. Les autorités avaient officiellement conclu à un choc frontal avec un animal sauvage. Ce rêve n’avait donc aucun sens…
Les jours passèrent, puis les mois et notre petite communauté atypique s’agrandit.
Heureusement, chaque arrivée m’offrait un nouveau sujet d’étude, l’arrivée des petites Chess et Yume, l’ « extraction » d’Arwen,… Je m’occupais donc ainsi l’esprit, oubliant un temps mes terreurs nocturnes. Et puis, il y avait Lilith,…
J’avoue m’être montrée assez distante avec elle après l’arrivée de Demian, peut-être en fut-elle blessée, ce que je regrette aujourd’hui. Pour ma défense, il faut bien admettre que la « révélation » sur sa véritable nature m’a quelque peu secouée. « Démon », le terme en lui-même n’a rien de rassurant, même si on s’efforce de se dire que cela n’a pas d’importance, que seul l’individu compte, l’instinct ne l’entend pas de cette oreille. Pour une pauvre petite humaine comme moi, pourtant élevée dans des croyances des plus rationnelles, « démon » est synonyme de danger. De plus, le visage qu’elle avait ce jour-là, la lueur dans ses yeux, jamais je ne pourrais l’oublier…
Pendant les longs mois qui suivirent, elle tenta pourtant de rompre ce froid installé entre nous, relançant nos vieux sujets de conversations, me questionnant sur mes nouvelles lectures, l’avancée dans mes recherches,… mais rien n’y fit. Je n’ai jamais su faire semblant et le visage d’elle et son épée à la main continuait de me hanter…
Néanmoins, avec l’arrivée d’Arwen, la tension se relâcha. Nous étions visiblement les deux seules à connaitre l’histoire de la nouvelle venue, ce qui fit de nous ses « tutrices » au sein de notre petite communauté. Avec le temps, je me demande si Lunamiel ne nous a pas attribuées ce rôle afin que nous puissions de nouveau communiquer… Je dois dire que cela a fonctionné à merveille.
Devant la détresse d’Arwen, j’ai complètement mis de côté mes petits troubles personnels. Elle avait besoin de nous et nous avons fait ce que nous pouvions pour que son intégration dans notre monde s’effectue le mieux possible. La jeune elfe avait bien sûr énormément de questions sur absolument tout et nous n’étions pas trop de deux pour y répondre. Très vite, Lilith et moi parlions de nouveau comme avant. Je ne voyais plus le démon en elle, juste mon amie… J’étais des plus heureuses d’avoir pu enfin dépasser tout cela.
La vie redevint enfin normale pour moi aussi... enfin presque, les cauchemars, eux, étant toujours là.
L’arrivée de Cherry me laissa quelque peu indifférente. Il était évident qu’elle venait du même monde que Lunamiel, Yuuki, Lilith et Demian et elle ne semblait pas s’intéresser à quiconque d’autre. A vrai dire, je pense même qu’elle évite d’être en ma présence, du moins seule avec moi. Avec le recul, je pense qu’elle est tout simplement mal à l’aise, plus habituée à la compagnie des défunts que des vivants.
Cette évidence m’apparut quand je l’ai surprise en train de discuter « toute seule ». Son interlocutrice, une certaine Elize, semblait liée à l’un de mes achats sur une brocante, un vieux petit lapin.
Si Cherry avait l’air quelque peu ennuyée par la présence de cette Elize, moi en revanche, était des plus intriguées! Je n’avais jamais eu à faire à un fantôme ou esprit errant avant.
J’entrepris donc des recherches, en commençant par retrouver la dame qui m’avait vendu le jouet, ce qui ne fut pas très difficile. Finalement, la ville avoisinante était plutôt petite.
Une fois chez la dame, cette dernière se fut une joie de me raconter ce qu’elle savait sur sa famille, j’avais de toute évidence à faire avec une passionnée de généalogie. Elle aurait pu en parler pendant des heures, remonter jusqu’à je ne sais quel siècle, un vrai voyage dans le temps. Néanmoins, c’était l’histoire du petit lapin qui m’intéressait, et surtout de cette Elize… Elle consulta le carnet de l’époque (elle avait un carnet généalogique pour chaque siècle) et put me donner un nom : Goldenhive, Elize Goldenhive, fille de William et Susan Goldenhive, décédée en 1882, avec sa mère et sa sœur Beth lors de l’incendie de leur maison d’été dans le Kent. Elle était âgée de 19 ans. Dans son enthousiasme, la dame me montra aussi quelques portraits de l’époque, précieusement conservés, l’un d’entre eux montrait la jeune Elize en tenue de cavalière, au côté d’un grand cheval à la robe claire. Elle semblait rayonnante.
Dès le lendemain matin, j’étais résolue à faire quelques expériences, à essayer moi-même d’entrer en contact avec Elize, tout en restant discrète bien entendu. Au début, je dois bien l’admettre, ce ne fut pas très concluant. Néanmoins, je ne renonçais pas et un soir, alors que je lisais tranquillement sur mon lit, quelque chose attira mon attention sur la commode où j’avais posé le petit lapin. Je le fixais alors, et il se mit à sursauter! Pas très rassurée, je le fixais me demandant s’il s’agissait d’Elize et le petit lapin remua à nouveau! Sans réelle conviction, le cœur battant de plus en plus rapidement, je me risquais à appeler doucement Elize… Et le jouet bascula d’avant en arrière en guise de réponse, que je pris à l’affirmative. Mon cœur ne fit qu’un bon. Le contact avait été effectué.
A partir de ce jour, régulièrement le soir, Elize et moi communiquons, dans le plus grand secret… du moins je l’espère, cela fait tellement de bien d’avoir son jardin secret! Sans compter que je ne sais pas trop comment ils réagiraient tous.
J’apprécie nos longues conversations, quoique plutôt laborieuses parfois, ne pouvant bien entendu ni la voir, ni l’entendre. Néanmoins, elle peut tout à fait utiliser des petits objets, j’ai donc mis à sa disposition une grande ardoise et une craie, qu’elle utilise à sa guise. J’avoue être très contente d’avoir pu voir son visage au moins une fois sur les portraits de la dame qui m’a vendue le lapin, cela m’aide énormément à la visualiser, l’imagination faisant bien sûr le reste. Néanmoins, je travaille actuellement sur une lunette pouvant me permettre de la voir, j’espère qu’elle sera bientôt au point, cela ne saurait tarder. Pour l’écoute, c’est plus compliqué, j’ai encore quelques recherches à faire… Malheureusement, il n’est pas évident de se concentrer quand on manque de sommeil, mes cauchemars ne me laissant que peu de répit.
Depuis l’arrivée de Serah, mes nuits sont de plus en plus tourmentées… A peine endormie que mes cauchemars apparaissent, plus réels, plus nets que jamais. Je suis sûre aujourd’hui, c’est bel et bien du jour où ont disparu mes parents dont il s’agit et je doute plus que jamais de la « thèse de l’accident ». Mais pour être honnête, ce n’est pas ce qui m’inquiète le plus. Aujourd’hui, tout est très clair, les deux lueurs rouges qui se posaient sur moi, sont bel et bien des yeux, rouges, flamboyants, des yeux de démons! Un démon était là ce soir-là, près de la voiture, près des corps de mes parents morts soi-disant sur le coup, un démon qui, pour je ne sais quelle raison, m’a épargnée…
Y-a-t-il un rapport avec Serah ? Je l’ignore encore mais je vais trouver.
(scène ironisée par Lucy...)
Dès son arrivée, Lunamiel l’accueillit chaleureusement, avec beaucoup de respect, comme si elle la connaissait depuis très longtemps. Encore un ange? J’en doute. Elle n’a pas l’air d’être un démon non plus. Quoiqu’il en soit, grâce à Lunamiel, elle fut très vite intégrée. Même si nous savions rien sur elle, la confiance qu’elle semblait inspirer à notre amie nous suffit. Elle a toujours été la meilleure d’entre nous pour sonder les gens, sans compter qu’elle avait l’air d’en savoir bien assez à son sujet.
Elles discutèrent de longues heures, isolées, à l’abri des oreilles indiscrètes. J’ignore de quoi il fut question mais quand elles réapparurent enfin, ce fut pour demander notre aide, Lunamiel ayant déjà accepté de lui apporter la sienne.
J’ignore s’ils s’attendaient que moi, la seule humaine de groupe, se sente concernée mais j’y ai vu un moyen de leur prouver à tous que je n’étais pas en reste. De plus, pour être honnête, cette « quête » m’enthousiasmait! Car c’était bien de cela dont il s’agissait. Serah avait besoin de retrouver trois objets, trois reliques perdues appartenant à sa famille. Elle ne nous en dit pas plus mais encore une fois, je pense que Lunamiel savait exactement de quoi il s’agissait. Quoiqu’il en soit, nous acceptâmes tous d’apporter notre aide et elles nous montrèrent la copie d’un texte, une page d’un très vieux manuscrit.
Les quelques lignes, de toute évidence une prophétie, étaient des plus mystérieuses mais c’est le symbole qui se trouvait en dessous qui capta mon attention.
Un cœur, des ailes, une épée dont la garde se confond avec une couronne…
Je fixais longuement l’épée, je ne pouvais en détacher mon regard… Je ressentis alors un sentiment étrange et profond, comme venant de très loin,… comme si mon passé, mon présent et mon futur étaient liés à ce symbole… à cette Relique. Et puis, tout à coup, les yeux rouges flamboyants de mes cauchemars s’imposèrent de nouveau à moi, m’interdisant de penser à toute autre chose.
Depuis ce jour, à chaque fois que je m’attarde sur cette épée, que j’y réfléchis ou effectue des recherches, mes rêves me reviennent en mémoire, comme s’ils bloquaient volontairement mon esprit, le manque de sommeil favorisant la paranoïa… Et si c’était un avertissement?
Doit-on vraiment trouver ces reliques? Quels sont leurs liens avec mes cauchemars? Qui est le démon qui était présent le jour où mes parents ont péri et dont le regard m’obsède? Je commence à me dire que tout est lié, que toutes les réponses sont désormais à ma portée mais j’ai peur. J’ai peur de ce qu’elles impliquent, j’ai peur que mes pires craintes se confirment. Et si elle était impliquée?
Aujourd’hui, j’en suis là, remettant tout en cause, notre amitié, ma présence dans cette maison,… Et si rien de tout cela n’était une coïncidence? Est-ce réellement le Destin ou est-ce autre chose? Mes idées s’embrument… Je n’arrive plus à réfléchir. Peut-être devrais-je lui demander directement. Oui, je dois savoir, peu importe les conséquences. Je dois trouver la force d’affronter mes terreurs du passé pour avancer. Je dois savoir si Lilith a un lien avec le décès de mes parents!
A suivre...
J'ai découvert un tuto pour confectionner facilement un tricorne de pirate pour Pullip sur le forum PullipLand. Je me suis donc lancée. J'ai utilisé de la feutrine marron et, plutôt que d'utiliser de la colle, j'ai préféré coudre.
Voici donc le résultat (soyez indulgents, cela reste un prototype ^^) :
Le patron :