Lunamiel – Pullip Ala
Lilith – Pullip Neo Noir
Yuuki – Dal Milch
Lucy – Pullip Eos
Arwen – Pullip Cinciallegra
Cherry – Pullip Youtsuzu
Elize – Pullip Seila
Serah – Pullip Tomoe Mami
Blencathra – Pullip Jaldet
River – Byul Tiger Lily
Pauline – Pullip Peter Pan
Mes p'tits mecs - Taeyang & Isul
Mes mini puces – Little Pullip, Little Dal & Aï BJD
Mes petites puces – Photo de groupe

19 novembre 2017

La Princesse, partie 2

Partie 1

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     Les années passèrent. La Princesse ne vivait plus que pour Sélène, sa précieuse enfant. Elle espérait chaque jour que Tristan revienne vers elles mais il n’était plus que l’ombre de lui-même. Pourtant, quand finalement il parvenait à leur réserver un peu de temps, il essayait sincèrement d’être le bon mari et le bon père qu’il aurait voulu être. Malheureusement, ses préoccupations le rattrapaient toujours.

De son côté, sa femme essayait de compenser son absence auprès de sa fille en prenant grand soin de son éducation. Elles sortaient régulièrement pour se promener dans le village. Elle la laissait ainsi jouer avec les enfants qu’elles rencontraient. La petite Sélène était une enfant enjouée et enthousiaste, comme l’était sa mère. Et finalement, malgré tout, elles étaient heureuses.

 

Pour fêter ses dix, sa mère organisa pour sa fille une grande fête dans le jardin de la maison. Elle invita tous les enfants du village, accompagnés par leurs parents. Elle fit préparer tout un banquet de friandises et de gâteaux préparés par les nombreux artisans du village. La fête était une vraie réussite. Sélène était aux anges, sa mère, malgré son statut de femme du chef, se laissa quelque peu aller à la danse et au jeu. Elle avait retrouvé son enthousiasme d’antan, tout le monde put le remarquer. C’est ainsi que la rumeur commença à prendre vie.

Serah - Pullip Tomoe Mami

Malgré les années qui venaient de passer, la Princesse n’avait pas changé. Elle n’avait pas subi les affres de temps. Aucune ride ne marquait son front, aucun signe de fatigue n’assombrissait ses yeux ou ralentissaient ses gestes. Les hommes l’admiraient toujours autant, ce qui rendit certaines femmes d’autant plus jalouses, et mesquines.

La rumeur enfla.

Au village, on se demandait comment la femme du chef pouvait rester aussi jeune et belle, malgré l’âge, les grossesses, le deuil, et la Vie tout simplement. Certains commencèrent à suspecter quelques actes de sorcellerie.

 

Ces bruits de ruelles parvinrent enfin aux oreilles de Tristan qui préféra ne pas y prêter attention. Il pensait que tout cela se tasserait avec le temps. Il se trompait.

Les habitants continuaient de parler de la beauté de sa femme, et de son éternelle jeunesse. Les femmes la traitaient de sorcière et l’accusaient de tous les maux qui frappaient le village.

Une épidémie de grippe chez les enfants ? C’est la femme du chef qui leur vole leur jeunesse.

Une mauvaise récolte ? C’est la faute de la sorcière qui agit contre la Nature.

Une jeune fille avait disparu ? Le village réclamait vengeance aux portes de la maison de Tristan. Sa femme ne pouvait être que la coupable. Elle devait voler la beauté et la jeunesse de la pauvre disparue. Plus tard, alors que réapparut la jeune infortunée qui n’avait finalement fui le village que pour retrouver un soupirant pas aussi galant qu’elle ne l’avait escompté, le mal était déjà fait.

Cela allait trop loin pour Tristan qui comprit qu’il ne pouvait plus fermer les yeux.

Il ne croyait pas sa femme coupable de quoi que ce soit mais cette situation ne pouvait plus durer. Sélène allait sur ses 14 ans, et à côté de sa femme, elle paraissait comme une jeune sœur. Bientôt, la fille paraitrait plus vieille que sa propre mère. De plus, lui-même se voyait de plus en plus vieillir, inexorablement…

Afin de calmer les habitants, il demanda à sa femme de ne plus quitter la maison, ce qu’elle accepta à contre-cœur. Néanmoins, elle comprenait la réaction de son époux.

Malheureusement, ce ne fut que le début et plus il cachait sa femme, plus il donnait crédit aux rumeurs du village.

Finalement, la pauvre Princesse ne pouvait plus que circuler dans la maison et le jardin, couverte d’un voile pour masquer son éternelle jeunesse.

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***

 

Quand Sélène fêta ses 18 ans, elle présenta un « ami » à ses parents, le fils d’un notable du village voisin qui lui était très cher. Le jeune homme ne tarda pas à demander sa main à son père qui y concéda avec joie. Sélène était des plus heureuses. La perspective de cette nouvelle union et de la fête qui l’accompagnerait allégea considérablement l’ambiance lourde dans la grande maison.

La Princesse se faisait une joie de préparer cet évènement, toujours en restant dans la maison néanmoins. Sélène, peinée pour sa mère, demanda à son futur époux ainsi qu’à son père l’autorisation de tout organiser dans la demeure familiale. Ainsi la Princesse put s’occuper d’absolument tout pour les noces, comme toutes mères rêvent de faire pour leur enfant. Quelle joie elle éprouva lors des premiers essais pour la robe de sa fille !

La cérémonie promettait d’être magnifique. L’été était particulièrement chaud cette année-là.

Aussi, se croyant seule entre deux préparatifs, la Princesse retira son voile pour profiter d’une douce brise rafraichissante. Il ne fallut qu’un bref instant pour que le fiancé de sa fille ne l’aperçoive en passant par-là et qu’il en oublie tous ses engagements.

Sélène n’avait jamais accordé de crédit aux rumeurs qui accablaient sa mère, elle l’avait toujours soutenue. Néanmoins, si la Princesse avait accepté de se cacher, c’était bien pour protéger sa fille du « qu’en dira-t-on », des rumeurs qui auraient pu circuler à son sujet. Quand elle aperçut le jeune homme, elle fut horrifiée à l’idée que le fiancé puisse rompre ses engagements par crainte d’épouser la fille d’une sorcière au visage figé dans le temps.

Elle repositionna alors son voile et accourut à la suite du jeune homme qui faisait déjà demi-tour, visiblement troublé.

– Je vous en prie attendez, supplia-t-elle en lui prenant le bras. Ce n’est pas ce que vous croyez !

Le jeune homme la regardait sans un mot.

– Ce n’est aucunement de la sorcellerie, je vous le promets. Et Sélène vous aime…

Le jeune homme se reprit alors. Il la regarda fixement, comme s’il voulait voir à travers le délicat morceau d’étoffe.

La Princesse, sous son voile, trembla. Elle se savait que faire. Puis, une solution s’imposa à elle.

– Je vous promets de quitter ce village et la vie de Sélène, mais je vous en prie, ne renoncez pas à elle. Elle mérite d’être heureuse, plus que quiconque. Vous n’entendrez plus jamais parler de moi. Vous avez ma parole.

– Pouvez-vous… hésita-t-il. Pouvez-vous retirer votre voile ?

La Princesse fut surprise par cette demande qu’elle n’attendait pas, mais elle y concéda.

Lentement, elle souleva l’étoffe et la déposa sur ses épaules. Le jeune homme rougit alors.

Il n’avait jamais vu de femme plus belle.

– Epousez-moi… souffla-t-il.

La Princesse, interloquée, porta la main à sa poitrine. Elle en eut le souffle coupé et ne savait que répondre.    
Le jeune homme s’approcha d’elle, l’obligeant à reculer pour éviter son contact. Il lui prit la main qu’elle venait de lever.

– Je vous en prie, épousez-moi, fuyons ensemble ! Laissez ce vieil homme qui vous sert de mari et vous oblige à vous cacher ! Venez avec moi !

Pour toute réponse, la Princesse retira sa main violement et le gifla de l’autre. Ses joues étaient rouges de colère, les larmes lui montaient aux yeux.

Elle s’apprêtait à remettre son voile et à quitter la pièce quand son regard fut attiré par une silhouette dans l’encadrement de la porte. Sélène.

Elle avait assisté à toute la scène sans pouvoir faire un geste, dire une seule parole. Elle pleurait en silence. Son regard exprimait colère et dégout.

Sa mère s’approcha d’elle.

– Sélène, ma fille, murmura-t-elle.

La jeune femme posa alors ses yeux sur elle. Son regard était dur désormais, noir.

– Hors de ma vue.

– Je t’en prie…

– HORS DE MA VUE ! SORCIÈRE ! hurla-t-elle.

Dans le cœur de la Princesse, quelque chose se brisa alors. Sans un mot, sans un dernier regard, elle quitta la pièce.

 

Plus tard, quand Tristan rentra à la maison et voulut voir sa femme, elle avait disparu.

Il la chercha partout, sans succès. Dans un ultime espoir, il se rendit jusque dans la tour où il l’avait rencontrée. A ce jour encore, il était le seul à en connaitre l’existence.

Malgré les années, l’édifice n’avait pas changé.

Quand il arriva devant la porte, elle était verrouillée, mais visiblement, elle avait servi récemment.

Il appela alors sa femme à haute voix. Au bout de quelques instants, le verrou de la porte fut retiré. La Princesse apparut alors, le visage rougi par l’émotion et les larmes.

 

Tristan avait appris ce qu’il s’était passé entre Sélène et elle. Quand il était rentré chez lui, il avait trouvé sa fille prostrée dans sa chambre. Il lui avait demandé où était sa mère.

« Partie. » avait-elle simplement répondu.

Après cela, il avait eu beaucoup de mal à en savoir plus, cela avait pris du temps mais elle lui avait finalement tout raconté.

Tristan savait que sa femme n’avait absolument rien à se reprocher mais il savait également que c’était inévitable. Cela faisait des années qu’il craignait qu’un homme plus jeune, plus beau ne tente de lui enlever. Et il avait fallu que cela soit le fiancé de leur propre fille.

 

Quand sa femme apparut devant lui, elle lui sourit tristement. Elle l’observa un moment, il avait tant vieilli. Ses cheveux noirs devenaient gris. Il ressemblait de plus à plus à son père. Néanmoins, elle l’aimait toujours profondément. Malgré le temps et les épreuves, elle avait été heureuse à ses côtés. Elle savait qu’il avait fait de son mieux.

Elle s’approcha lentement. Elle ne pourrait pas revenir avec lui, ils le savaient tous les deux. Elle le regardait pour la dernière fois. Elle lui caressa tendrement le visage, se dressa sur la pointe des pieds et l’embrassa.

Dans un élan passionné, Tristan la prit dans ses bras. Ils restèrent ainsi tous deux un long moment. Chacun versait des larmes silencieuses que l’autre ne pouvait voir.

Finalement, quand les larmes se tarirent, la Princesse s’éloigna et Tristan reprit le chemin du village. C’était mieux ainsi.

 

***

 

Les années passèrent encore... La Princesse n’avait pas quitté la tour depuis la dernière visite de Tristan.

Elle en sortait de temps en temps pour se promener autour de la vieille bâtisse et cueillir des baies sauvages mais c’était très bref. Elle n’était jamais revenue au village, elle ne s’en était jamais approchée. Pourtant, elle ne voulait pas s’éloigner. Elle savait sa fille à proximité, elle ne pouvait l’expliquer mais sentir sa présence lui faisait du bien, la rassurait et la rendait heureuse. Elle passait des heures à imaginer la vie de son enfant.

 

Un jour, alors qu’elle flânait au pied de la tour, elle vit approcher une très vieille femme au dos courbé. Ses cheveux blancs étaient maintenus par un chignon d’où s’échappaient quelques mèches. Elle portait une robe sombre et un châle recouvrait ses épaules. Elle s’appuyait sur un bâton pour marcher mais quand elle s’arrêta, il était évident qu’elle n’en avait pas besoin, elle était encore forte. Elle se redressa et observa la Princesse. Ses traits étaient durs, sculptés par des années difficiles, mais à la vue de la belle jeune femme, ils semblèrent se relâcher et elle esquissa un sourire.

« Tu n’as absolument pas changé. » remarqua-t-elle.

La Princesse s’approcha d’un pas hésitant. Elle ne pouvait y croire.

« Sélène ? » demanda-t-elle.

Pour toute réponse, la vieille dame sourit de plus belle.

« Bonjour mère. » finit-elle par répondre.

La Princesse porta la main devant sa bouche et, n’y tenant plus, se jeta dans les bras de sa fille.

Sélène l’accueillit avec une joie non feinte. Elles sanglotèrent ainsi un moment dans les bras l’une de l’autre, heureuses de ces retrouvailles.

Ensuite, elles s’installèrent, assises sur l’herbe fraiche. La Princesse dut aider Sélène à s’asseoir.

Et elles parlèrent, elles avaient tant de choses à se raconter.

 

Tristan était décédé une vingtaine d’année auparavant. Il ne s’était jamais remarié. Les dernières paroles qu’il avait offertes à sa fille avait été pour lui confier la localisation de la tour où s'était réfugiée sa mère pendant toutes ces années. 

Sélène lui avait pardonnée depuis longtemps mais elle s’en était voulu de la façon dont elle l’avait rejetée. N’excusant pas son geste, elle n’avait jamais osé traverser la forêt jusqu’à la tour. Jusque-là. Le Temps a tendance à remettre les choses à leur place. Elle sentit qu’elle ne pouvait plus attendre.

De son côté, elle ne s’était jamais mariée, au grand dam de Tristan. Elle eut tout de même un enfant, un garçon. Mais il fut victime d’un accident de chasse, il n’avait pas 20 ans.

A la mort de son père, Sélène avait pris la tête du village jusqu’à récemment où, désormais trop âgée, elle avait légué ses responsabilités à un de ses plus fidèles conseillers, un cousin de son père.

 

Quand elles eurent fini de parler, le soleil disparaissait derrière les arbres. La Princesse supplia sa fille de rester mais celle-ci refusa. Sa place était au village. Elle s’en alla donc comme elle était venue. Heureuse d’avoir pu faire la paix avec sa mère.

 

Un mois plus tard, Sélène mourut à son tour, dans la grande maison où elle avait grandi.

La Princesse sentit au fond d’elle-même que sa fille n’était plus. Elle quitta alors sa tour.

Elle se rendit au village une toute dernière fois, sans voile, la tête haute. Qui se souviendrait d’elle maintenant ?

La jeune femme alla donc jusqu’au cimetière où reposaient son mari et ses deux filles. Elle se recueillit de longues heures dans le silence.

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Enfin, quand elle se redressa, la Lune était déjà haute dans le ciel. Elle y jeta un bref coup d’œil en souriant tristement. Elle était seule encore une fois, après avoir survécu à sa famille.

Elle quitta le cimetière et le petit village endormi, ses cheveux dorés bercés par une petite brise. Jamais plus elle n’y retourna. Jamais plus elle ne se maria, jamais plus elle n’enfanta.

 

FIN.

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12 novembre 2017

La Princesse, partie 1

     Me revoilà avec un nouveau conte dans la lignée de "Blencathra" (parties 1, 2 et 3).

Celui-ci raconte l'histoire de Serah lors de son arrivée sur Terre suite à la destruction de son royaume et la disparition de ses parents. A cette époque, elle n'avait pas encore choisi le nom que nous lui connaissons. Elle était encore "La Princesse", perdue seule dans un nouveau monde.

Pour celui-ci également, j'ai utilisé un conte connu comme base, avant de laisser aller l'histoire sur son propre chemin... J'espère que ça vous plaira.

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     Il y a très longtemps, au cœur d’une forêt profonde, s’élevait une haute tour en pierres sombres. La tour ne possédait qu’une porte à sa base, ainsi qu’une seule et unique fenêtre en forme d’ogive à son sommet.

C’est là qu’avait trouvé refuge une jeune princesse.

Errant seule sur Terre après la destruction de son royaume au cours d’une effroyable bataille, elle avait cherché un endroit isolé, loin des hommes, pour se reposer.

Serah - Pullip Tomoe Mami

C’est ainsi qu’elle avait trouvé cette tour alors qu’elle fuyait les bruits de la nuit.

Elle eut quelques difficultés à ouvrir la porte dont les gonds étaient rouillés par le temps. Néanmoins, une fois à l’intérieur, elle n’hésita pas à la refermer solidement. Elle ne voulait pas être dérangée.

La tour était vide et froide. A tâtons, elle longea la paroi circulaire, non sans un certain dégoût. Elle ne tarda pas à trouver un escalier en colimaçon. Elle monta prudemment les marches une à une. Le bois craquait sous ses pieds mais ne céda pas.

Enfin, sa main toucha le plafond. Une trappe lui bouchait le passage. Elle n’eut aucun mal à trouver la poignée ronde en fer et poussa de toutes ses forces.

Elle se retrouva alors au sommet de la tour. La lune éclairait la pièce par la fenêtre qui était bien plus grande que ce qu’elle ne paraissait depuis l’extérieur. La jeune fille aurait pu tenir aisément debout dans l’encadrement sans être à l’étroit.

A sa grande surprise, elle y trouva du mobilier. Quelqu’un avait dû vivre ici, il y a longtemps. Tout était recouvert d’une épaisse couche de poussière.

Il y avait une cheminée dans laquelle s’élevait encore une broche où était pendue une vieille marmite.

Une lourde table en bois trônait au milieu de la pièce, accompagnée de deux chaises dont l’une avait été renversée.

Enfin, du côté opposé de la fenêtre se trouvait un petit lit en bois sculpté dont les couvertures miteuses tombaient en poussière. La princesse se dirigea lentement jusque-là. Elle était si fatiguée. Pourtant, elle prit la peine de redresser la chaise renversée sur son chemin. Elle arracha les vieilles couvertures du lit et les jeta sur le sol. Le matelas dessous lui sembla suffisamment propre. Elle s’allongea alors et jeta un dernier regard vers la Lune. Son regard sans expression jusque-là se fit alors si triste... Une larme coula sur sa joue. Elle ferma alors les yeux et s’endormit.

 

***

 

Tristan était le fils du chef d’un grand village qui bordait la forêt. C’était un bel homme, grand et fort, sûr de lui-même. Chasseur aguerri, il s’aventurait régulièrement au plus profond de la forêt, toujours en quête de nouvelles proies.

Après avoir traversé d’énormes buissons épineux à coups de hache, il se retrouva dans la clairière où s’élevait la tour sombre. Il n’avait jamais été si loin.

Il fit le tour du bâtiment jusqu’à se trouver devant la porte, en-dessous de la fenêtre. Une légèrement brise soufflait.

Quand il s’approcha de la porte, il sentit quelque chose de léger et de doux lui caresser le visage. Il porta la main sur sa joue. Elle s’emmêla dans ce qui paraissait être des fils d’or. Il les saisit délicatement et leva la tête. Les fils descendaient de la fenêtre et volaient dans la brise.

Tristan, plus curieux que jamais, essaya d’ouvrir la porte, en vain. Elle était bloquée de l’intérieur et sa force ne put la faire bouger. Il décida donc de revenir le lendemain, équipé d’une corde et d’un grappin.

Le jour suivant, et ce malgré son agilité, il dût s’y reprendre à plusieurs fois avant d’atteindre la fenêtre. Néanmoins, quand l’outil fut enfin solidement accroché, il put entreprendre l’ascension de la tour.

A de nombreuses reprises, il faillit tomber. Les fils dorés avaient la fâcheuse tendance à entraver ses mouvements. Mais Tristan n’était pas de ceux qui renoncent, et, au prix de nombreux efforts, il arriva enfin jusqu’à la fenêtre et put pénétrer dans la tour.

Le spectacle qui l’attendait alors était plus surprenant encore que ce qu’il avait imaginé.

En effet, le sol était recouvert de fils d’or. Il discerna du mobilier, mais il était à peine visible sous les vagues souples de fils pêle-mêle. Il fit un pas, descendant de l’encadrement de la fenêtre, son pied s’enfonça au milieu de la masse souple et dorée. Il le retint par prudence puis, ne sentant aucun danger, le posa. Les fils engloutirent sa jambe jusqu’au genou. Malgré tout, il posa l’autre pied et essaya d’avancer.

C’est à ce moment qu’il aperçut la jeune fille. Elle était endormie, sur un petit lit visiblement, il n’en voyait que le haut du montant en bois. Un instant, il l’a cru morte. Mais en s’approchant, il remarqua sa délicate poitrine se soulever au rythme de sa respiration.

Tristan resta un moment à l’observer. Sa peau blanche, ses joues roses, ses longs cils, ses lèvres pleines,… Il ne pouvait détourner son regard captivé.

Sa robe, d’une étoffe aux reflets argentés avait visiblement été confectionnée par les meilleurs artisans.

Le jeune homme sentit la tête lui tourner. La jeune femme était si belle. Puis, il se rappela les fils qui l’avaient conduit jusqu’ici. Il fit un tour sur lui-même, pour revenir sur la jeune fille. Il réalisa seulement alors que les fils d’or étaient en fait sa chevelure.

Il eut un mouvement de recul devant cette effrayante vérité. Cette jeune fille était-elle une sorcière ? Une puissance magicienne ? Il pensa quitter la tour au plus vite et faire comme s’il ne l’avait jamais trouvée mais très vite, il se reprit. Il se dit que pareille beauté ne pouvait être maléfique. Il se convainc qu’elle était plutôt victime d’un mauvais sort. Il s’approcha d’elle à nouveau, et s’agenouilla. Il se rappela les contes que lui racontait sa nourrice quand il était enfant. « La belle endormie se réveillait après un doux baiser. »

« Peut-être qu’elle aussi… » se dit-il. C’est alors qu’il posa ses lèvres sur celle de la jeune fille.

La Princesse ouvrit alors les yeux. Elle avait encore l’esprit endormi, pourtant sa réaction fut des plus violentes. Elle repoussa férocement cet homme, cet inconnu, qui tomba plusieurs mètres plus loin. Comment osait-il ? Elle était manifestement hors d’elle, il n’y avait absolument rien de doux dans son regard. Elle se redressa. Elle ne ressentait nullement l’engourdissement que l’on peut ressentir après un très long sommeil. Ses yeux lançaient des éclairs.

Serah - Pullip Tomoe Mami

– Qui êtes-vous ? hurla-t-elle. Comment osez-vous me toucher ainsi sans ma permission ?

Tristan demeurait interdit. Il regarda autour de lui, le regard un peu perdu et se rendit compte qu’il était sur les fesses, et pas vraiment à son avantage. « Quelle force elle a ! » se dit-il, maudissant intérieurement les contes de son enfance. Il tenta de se relever et sentit sa dague à son côté. Cela le rassura et il se mit debout.

– Je vous ai sauvée, affirma-t-il fièrement. Depuis combien de temps étiez-vous victime de ce sommeil maudit ?

Prononçant ces derniers mots, il balaya d’un geste de la main la pièce recouverte de cheveux.

C’est à ce moment que la jeune femme remarqua à son tour l’état de la tour. Elle avait visiblement dormi plus de temps que prévu.

Elle releva alors ses mains et les observa. Il n’y avait pas une trace du temps passé, aucune ride. Elle se savait pourvu d’une très longue longévité, comme sa défunte mère avant elle, mais elle n’en fut pas moins déconcertée. Elle avait visiblement dormi plusieurs années, voire plusieurs siècles.

Tristan, qui avait repris toute sa confiance, fit un pas vers elle, l’arrachant à ses pensées.

Elle posa alors ses yeux sur la dague.

– Puis-je vous l’emprunter, demanda-elle, poliment, esquissant un sourire. Son regard s’était fait plus doux. Sa colère semblait s’apaiser.

Instinctivement, Tristan posa la main sur l’arme. Il hésita. Finalement, il jaugea la jeune femme, et se dit que si elle l’attaquait, il aurait facilement le dessus, même si elle était visiblement plus forte qu’elle ne le laissait paraître.

Il lui tendit alors la garde de la dague qu’elle empoigna sans hésitation.

D’un geste, elle saisit alors sa belle chevelure, rassemblée de part et d’autre de son visage, la tendit devant elle et de la lame la coupa. Ses cheveux tombèrent au sol pendant qu’elle secouait joyeusement la tête comme libérée.

– C’est beaucoup mieux, dit-elle en souriant.

Elle rendit alors l’arme à son propriétaire abasourdi et fasciné.

Après un instant, il se reprit.

– Je devrais partir, dit-il en se tournant vers la fenêtre.

– Effectivement, répondit la jeune femme.

Son regard intense ne le quittait pas des yeux, Tristan avait du mal à l’affronter, il détourna le regard, penaud.

– Pourrais-je revenir ? demanda-t-il enfin en tournant légèrement la tête.

La jeune femme hésita un moment, puis soupira.

– Je n’ai pas vraiment les moyens de vous en empêcher, conclut-elle.

Elle ne souriait plus mais son expression n’avait rien d’hostile. Elle avait plutôt l’air pris au dépourvu, mais sa curiosité vis-à-vis de cet étranger avait pris le dessus.

 

Les jours qui suivirent, Tristan revint régulièrement au pied de la tour, mais la princesse n’ouvrit jamais la porte. Après le départ du jeune homme, elle avait réalisé qu’elle avait été à sa merci et sa sécurité compromise. Aussi, elle regretta d’avoir réagi si légèrement. Elle se promit d’agir avec plus de discernement et surtout de prudence.

Quand Tristan se présenta alors au pied de la tour, et frappa à la porte, elle ne lui répondit pas.

Il l’appela encore et encore, lui promit qu’il ne lui voulait aucun mal, en vain. Finalement, il tenta plusieurs fois de lancer son grappin mais elle le rejeta, ce qui d’une certaine façon le rassura. Il eut peur qu’elle soit retombée dans un profond sommeil ou pire encore.

Malgré tous les efforts de la Princesse pour le décourager, il ne s’avoua jamais vaincu. Il revint encore et encore, prenant le parti que si elle ne voulait pas lui parler, c’est lui qui ferait la conversation.

Il s’installa alors au pied de la tour, à son aise et parla à très haute voix. Il lui parla de lui, de son village, de son père et de sa défunte mère, de la chasse et de ses amis.

Ce manège dura des semaines, jusqu’à que finalement, contre toute attente, la Princesse se pencha à la fenêtre de la tour.

Tristan fut agréablement surpris, car jusque-là elle s’était à peine montrée.

Sans un mot, elle jeta une masse dorée et emmêlée qui se déroula jusqu’à toucher l’herbe verdoyante, au pied de la tour. Une échelle. Pendant toutes ces semaines, à l’aide de sa longue chevelure coupée, elle avait tressé et confectionné une solide échelle.

Ouvrir la porte de la tour aurait été bien plus simple mais elle se sentait plus en sécurité ainsi. La porte était fermée depuis si longtemps qu’elle avait peur de l’ouvrir et de laisser entrer qui ou quoi que ce soit. Grâce à cette échelle tressée de ces mains, elle avait la sensation de maitriser la situation.

Tristan monta avec prudence la première fois, mais il put constater que l’échelle était parfaitement sûre.

Les jours qui suivirent, il suffisait à Tristan d’appeler la Princesse pour qu’elle lui ouvre ainsi le passage.

Ils passaient ainsi des heures ensemble et bien qu’elle ait des difficultés à le reconnaître, la Princesse attendait avec de plus en plus d’impatience les visites de son nouvel ami.

 

Les semaines passèrent, puis les mois.

Par une belle journée d’été, alors que Tristan attendait au pied de la tour, il entendit le verrou de la porte de la tour. Il jeta un coup d’œil furtif à la fenêtre et, ne voyant pas la Princesse, saisit sa dague, pensant à un possible intrus. La porte s’ouvrit alors laissant passer la jeune femme hésitante.

– Voudrais-tu me montrer ton village ? demanda-t-elle alors timidement.

De toute évidence, il lui avait fallu beaucoup de courage pour prendre cette décision.

La surprise passée, Tristan, rassuré, rangea sa dague.

– Avec joie, répondit-il dans un sourire.

Il lui tendit la main, qu’elle prit, et ils traversèrent la forêt ensemble.

La Princesse fut très enthousiaste devant la découverte de toutes ces nouveautés. Le paysage était vraiment différent de son ancien Royaume, bien plus sauvage.

A son arrivée dans la région, des siècles auparavant, elle n’avait pas eu le cœur à admirer toutes ces nouvelles choses qui s’offraient à elle. Les arbres, les fleurs, les animaux,… Il y en avait tant. Elle ne tenait pas en place.

Enfin, ils commencèrent à croiser les petites maisons qui bordaient la forêt. Des maisons au toit de chaume très bas, et au mur de pierres sombres, comme celles de la tour. Il y avait des enclos avec des cochons, des poules qui se promenaient en liberté. Le chemin était boueux mais cela ne la dérangeait pas le moins du monde.

Ils avancèrent. Les maisons se firent plus grandes, les chemins se recouvraient de pavés. Il y avait de plus en plus de gens dans les rues, des étalages, du bruit, des odeurs.

Plusieurs personnes saluèrent Tristan sur leur passage et tombèrent en admiration sur la mystérieuse jeune femme aux cheveux d’or qui l’accompagnait.

Ils atteignirent enfin la plus grande maison, celle du chef du village, celle de Tristan et de son père.

La Princesse était très impressionnée à l’idée de rencontrer ce dernier. Elle s’était imaginée toutes sortes de choses sur cet homme, à travers les récits pleins d’admiration de son fils.

Visiblement, Tristan avait confié à son père les raisons de ses absences prolongées dans la forêt. Il accueillit la jeune fille les bras ouverts, ravi.

Le chef du village était un homme bienveillant, aimé de tous. Il était encore grand malgré son âge avancé. Ses cheveux et sa barbe étaient d’un blanc immaculé mais son regard était encore jeune et rieur. La Princesse n’eut aucun mal à l’imaginer jeune, Tristan lui ressemblait beaucoup. Elle n’en était pas moins impressionnée en sa présence.

Contre toute attente, le vieil homme proposa à la jeune femme de rester dans sa demeure aussi longtemps qui lui plairait. Depuis la mort de sa défunte femme, des années auparavant, son fils et lui étaient restés seuls avec quelques serviteurs. Il était visiblement très heureux de voir un nouveau visage, qui plus est des plus charmant et en compagnie de son fils.

La Princesse qui, même si elle n’osait l’avouer, ne supportait plus la solitude de sa tour, n’eut pas le cœur à refuser la demande du maitre de maison, à la grande joie de Tristan, et c’est ainsi qu’elle commença à vivre parmi eux.

Sans grande surprise, au bout de quelques semaines, le mariage de Tristan et de la belle inconnue fut annoncé.

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La cérémonie, et la fête qui suivit, durèrent trois jours et trois nuits. Tout le monde se réjouissait de cette union, le père de Tristan presque autant que son fils.

Un an et demi plus tard, la Princesse mit au monde une petite fille, du nom de Sélène. La jeune mariée était au comble du bonheur, et bien sûr son époux aussi. L’enfant ressemblait beaucoup à son père. Elle était de très bonne constitution, les cheveux bruns, le regard espiègle.

La maison avait retrouvé une ambiance chaleureuse et joyeuse. Le père de Tristan était toujours prêt à accueillir sa petite fille dans ses bras et à jouer avec elle.

Trois annés après une autre enfant vint au monde, Amy. Malheureusement, elle mourut avant d’avoir atteint sa première année.

En pleine détresse, la Princesse réalisa alors que ni Amy, ni même Sélène n’avait hérité de sa constitution hors du commun. Inconsolable, elle commença à se dire que ce n’était que le début…

Déjà très âgé, le père de Tristan supporta très difficilement le choc de la perte de sa petite fille, et s’affaiblit à vue d’œil. L’hiver qui suivit, il décéda à son tour laissant la responsabilité du village à son fils en deuil.

 

Tristan changea, il n’était plus le jeune homme insouciant que la Princesse avait rencontré. La perte de sa fille, puis celle de son père l’avait terriblement marqué. De plus, le village avait besoin de lui. Il était sans cesse occupé, et préoccupé, se refermant de plus en plus sur lui-même, s’éloignant de sa femme et de sa fille encore en vie.

 

A suivre...

 

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05 novembre 2017

Le froid s'installe doucement...

... mais le soleil est toujours parmi nous!

Serah en a donc profité pour faire une petite promenade bien emmitouflée dans sa longue écharpe.

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31 octobre 2017

Happy Halloween!

     Je vous souhaite un Joyeux Halloween et vous laisse en compagnie de mon couple diabolique... Gnark Gnark Gnark (*rire diabolique*).

    Halloween

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Et maintenant, vivement Noël! ♥

NBC___Jack_Skellington_Santa_by_Captain_Halfbeard

28 octobre 2017

Bad bad wolf...

     Halloween approchant, j'en profite pour ressortir mes Monster High, et plus particulièrement ma Clawdeen Wolf version Freak du Chic qui semble hanter les cimetières... ^_^

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